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Martin Gerboc présente Iconoclasme à la JAS Gallery

(Paris 06, Paris)

Ajoutée le: Mardi, 12 Juillet, 2011  12:44
Mise à jour le: Mardi, 15 Mai, 2012  08:53
S'efface le: Mercredi, 11 Juillet, 2012  12:44
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Prix: (Non indiqué)
 

Après avoir pris part à « Decadence now ! », une exposition collective remarquée à la galerie Rudolfinum (Prague) qui réunissait notamment les œuvres de Damien Hirst, Jeff Koons, Robert Mapplethorpe, Andres Serrano ou encore Cindy Sherman, Martin Gerboc (né en 1971 à Bratislava) prépare son premier show dans une galerie française. C’est ainsi que la JAS Gallery accueille du 22 septembre au 30 octobre 2011 une nouvelle exposition contestataire, intitulée « Iconoclasme (La Société du spectacle) ».

« Bien qu’utilisant la peinture comme medium artistique, je ne recherche pas de connexion particulière avec l’histoire de l’art pictural ; je pense davantage mon œuvre comme un acte engagé pour la cause sociale. » De fait, les sources d’inspiration que Martin Gerboc cite en premier sont des auteurs tels que Brecht, Barthes, Bataille, Debord, Robbe-Grillet, Sartre… Gerboc se positionne en effet d’abord sur le plan des idées, l’art n’étant pour lui qu’un moyen de bousculer les consciences. Il est avant tout un artiste activiste cherchant à résister contre toute coercition, qu’elle soit dictée par les mécanismes de ce que Michel Foucault appelle « bio-pouvoir », que Gerboc entend comme synonyme de restrictions de libertés individuelles… ou par le flux continu d’images collectives de la « Société du spectacle » (décrite par Guy Debord) abolissant toute distanciation critique.

Des références aux cabarets berlinois comme exutoires et lieux d’expression contestataire

Les références historiques, nombreuses dans l’œuvre de Martin Gerboc, renvoient fréquemment à la République de Weimar à travers des symboles de l’Allemagne nazie, ainsi qu’aux cabarets. Devenus espaces de contestation artistique et politique, les cabarets ont connu leur apogée dans les années 1930, en particulier à Berlin, et permettaient parfois aussi l’expression d’un érotisme décadent. Sur ses toiles, Martin Gerboc représente des scènes volontiers fétichistes et sadomasochistes où la sexualité, si brutale soit-elle, apparaît comme un moyen d’affirmation conscient et assumé dans une société totalitaire.

Structurées sur un seul plan, les peintures de Gerboc se livrent de manière frontale. « Il n’y a pas de place pour le mystère », explique le curateur tchèque Petr Vanous. Les personnages et le texte saturent l’espace où le noir et le rouge dominent souvent, avec toute l’autorité convoquée par ces couleurs. Les toiles sont par ailleurs traversées par des mots anxiogènes (« peur », « colère », « simulacre », « mal », « démon », « chair », « fleurs du mal », « maladie », « destruction », « haine », « satan », « enfer »…) qui nous éloignent inéluctablement de toute sérénité. « Certaines portes sont ouvertes trop vite, ou trop tôt, et elles sont ensuite difficiles à refermer…», commente encore Petr Vanous.

Martin Gerboc nous livre ainsi une représentation de l’âme humaine dans tout ce qu’elle a de plus sombre et chaotique. Mais dans ce qui apparaît comme un cabaret cauchemardesque, en clin d’œil à Bertolt Brecht, Martin Gerboc ne cherche pas l’adhésion : il cherche à provoquer une réaction plutôt qu’une réception passive. Il interroge notamment l’observateur sur sa relation aux autres, son degré d’insensibilité à la cruauté. En accumulant dans un théâtre de l’horreur les moyens de répandre le mal – insultes, violence, laideur… – sans doute Martin Gerboc espère-t-il les retourner contre eux-mêmes, comme pour conjurer le mal.




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